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La règle PEA qui change tout
Le PEA exige que 75 % des actifs détenuspar l'enveloppe soient émis par des sociétés européennes (Union européenne + Espace économique européen). Cette règle vise à orienter l'épargne des Français vers les entreprises européennes (article L221-31 du Code monétaire et financier).
Mais le MSCI World contient 60 % d'actions américaines, 8 % japonaises, 5 % britanniques, moins de 20 % d'actions UE/EEE. Un ETF MSCI World physique ne pourrait pas être hébergé dans un PEA : il violerait la règle des 75 %.
C'est là qu'intervient la réplication synthétique. L'émetteur (Amundi pour CW8 et DCAM, iShares pour WPEA) détient un panier d'actions européennes (qui respecte la règle PEA) et signe un contrat de swapavec une banque pour échanger la performance de ce panier contre celle du MSCI World. L'investisseur final touche bien la performance du MSCI World, mais via ce détour technique.
Physique vs synthétique : le tableau
ETF physique vs synthétique (swap)
Pour un MSCI World en PEA, seule la réplication synthétique est éligible.
| Critère | ETF physique | ETF synthétique (swap)éligible PEA |
|---|---|---|
| Mécanisme | Achète directement les actions de l'indice | Détient un panier + swap de performance |
| Éligible PEA pour MSCI World | Non (règle 75 % UE) | Oui |
| Risque de contrepartie | Aucun (titres détenus directement) | Plafonné à 10 % UCITS, collatéralisé |
| Tracking error typique | 0,10 à 0,40 % | 0,05 à 0,15 % |
| Frais (TER) typiques | 0,07 à 0,20 % | 0,20 à 0,45 % |
| Transparence des sous-jacents | Très haute (composition de l'indice) | Moindre (panier collatéral spécifique) |
| Exemples MSCI World | IWDA (iShares, CTO uniquement) | WPEA, DCAM, CW8, EWLD (PEA) |
Fourchettes de TER et tracking error indicatives — vérifiez la fiche de chaque ETF (DIC/KID).
Sources : amf-france.org (cadre UCITS, réplication synthétique, plafond de contrepartie 10 %, éligibilité PEA).
Données vérifiées le :
Le swap est-il vraiment risqué ?
Réponse courte : non, dans les conditions réglementaires actuelles. Voici pourquoi :
- →Plafond UCITS à 10 % : la directive européenne UCITS impose que le risque de contrepartie sur un swap ne dépasse jamais 10 % de la valeur de l'ETF. Au-delà, l'émetteur doit immédiatement réajuster.
- →Collatéralisation quotidienne : la contrepartie du swap (BNP, Société Générale, Citibank) doit déposer chaque jour un collatéral en actifs liquides (obligations, actions blue chip). Si elle fait défaut, ces actifs sont saisis et redistribués.
- →Multiples contreparties : Amundi ne dépend pas d'une seule banque. Le swap est diversifié sur plusieurs contreparties (en général 2 à 4), ce qui dilue le risque.
- →Historique européen : la réplication synthétique existe depuis ~25 ans en Europe. Aucun ETF UCITS synthétique n'a fait perdre de l'argent à ses porteurs à cause d'un défaut de contrepartie. Ni en 2008 (Lehman), ni en 2011 (crise dette souveraine), ni en 2020 (COVID).
PEA vs CTO
Pourquoi le World coûte 0,20 % en PEA et 0,12 % ailleurs
La contrainte PEA (75 % d'actions européennes) oblige à passer par un ETF synthétique : la liste est courte et le plancher de frais est à 0,20 %(WPEA, DCAM). C'est le prix de l'éligibilité PEA.
Hors PEA (CTO, assurance-vie), rien n'oblige à passer par un swap : des ETF World physiques descendent à 0,12 % (SWRD)ou 0,20 % (IWDA). Ils sont moins chers et sans risque de contrepartie — mais leurs gains sont taxés à 30 % (flat tax), sans l'abattement PEA après 5 ans. Pour la plupart des épargnants, remplir d'abord le PEA reste gagnant.
En clair
Si vous voulez du MSCI World en PEA, c'est WPEA
Pas de débat : tous les ETF MSCI World éligibles PEA sont synthétiques (CW8, WPEA, DCAM, EWLD). Le seul critère de choix qui reste, c'est le TER. WPEA et DCAM gagnent à 0,20 % en 2026, soit près de deux fois moins que CW8 (0,38 %). Le swap n'est pas un argument : tous l'utilisent.
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